Ma liberté en Christ était devenue une loi.

Gardons-nous de nous retrouver liés au nom de notre liberté en Christ !
Cela peut sembler un peu capillo-tracté (tiré par les cheveux) dit comme ça, mais cette affirmation est plutôt sensée.
Je me rends compte qu’il est arrivé pas mal de situations au cours desquelles, au nom de ma liberté en Christ, j’ai davantage fait preuve d’intolérance et d’égoïsme, plutôt que d’amour et de respect.
Lorsque notre liberté en Christ devient une loi dans nos vies, nous devenons aussi légalistes que les religieux, plus pharisiens que les pharisiens. Nos cœurs s’endurcissent au nom de la liberté. Le paradoxe du chrétien libre et légaliste en même temps. Nous devenons psycho-rigides, spirituellement coincés, car nous nous interdisons de faire ce que nous ne sommes plus obligés de faire.
Le risque dans ce cas est de devenir une pierre d’achoppement ou un objet de scandale pour certaines personnes. Car toutes ne comprennent pas, au même moment et de la même façon, ce qu’implique être libre en Christ. Elles continuent de croire qu’elles sont liées à certaines pratiques et coutumes religieuses ou alimentaires.
Alors celui qui a compris qu’il n’est plus soumis à certaines règles, et qui au nom de sa liberté impose son attitude aux autres, choque et frustre malheureusement. Il est pourtant dans ce cas, celui qui est le mieux placé pour comprendre que sa liberté en Christ est justement ce qui le rend capable de se mettre au niveau des autres pour faire ce qui est utile et juste, sans que cela ne remette d’aucune façon en cause sa liberté.
L’apôtre Paul savait qu’il n’était plus tenu de se soumettre aux exigences de la loi de Moïse et il l’enseignait aux nouveaux convertis des différentes églises qu’il établissait durant ses voyages. Cependant, pour ne pas choquer les nouveaux convertis d’origine juive qui vivaient à Jérusalem et qui étaient encore très attachés à la loi de Moïse, il a accepté de se rendre au temple avec quelques frères afin de procéder à la cérémonie de purification. Ceci ne l’a pas rendu moins libre pour autant.
« A notre arrivée à Jérusalem, les frères nous accueillirent avec joie. Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques , où tous les responsables de l’Eglise se rassemblèrent aussi. Après les avoir salués, Paul exposa en détail tout ce que Dieu avait accompli par son ministère parmi les non-Juifs.  En l’écoutant, ils louaient Dieu, puis ils dirent à Paul : Vois-tu, frère, combien de milliers de Juifs sont devenus croyants, et tous sont très attachés à la Loi de Moïse. Or, ils ont entendu dire que tu enseignes à tous les Juifs disséminés à l’étranger d’abandonner les prescriptions de Moïse en leur disant de ne plus faire circoncire leurs enfants et, d’une manière générale, de ne plus suivre les coutumes juives. Que faire donc ? Car, naturellement, ils vont apprendre ton arrivée.  Eh bien, voici ce que nous te conseillons : nous avons parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu. Prends-les avec toi, participe avec eux à la cérémonie de la purification, et pourvois à leurs dépenses pour qu’ils se fassent raser la tête . Ainsi tout le monde saura que les bruits répandus sur ton compte n’ont aucun fondement, mais qu’au contraire, tu continues toi-même à observer les prescriptions de la Loi. Le lendemain donc, Paul emmena ces hommes et participa avec eux à la cérémonie de la purification. Puis il entra dans la cour du Temple où il déclara à quelle date la période de la purification serait achevée, c’est-à-dire à quel moment on offrirait le sacrifice pour chacun d’eux. » Actes 21:17‭-‬24‭, ‬26 BDS.
Dans une autre situation, il a sévèrement repris l’apôtre Pierre devant d’autres frères juifs pour lui faire savoir que faire semblant de ne pas partager le même repas que des non-juifs à cause de la présence des juifs venus de Jérusalem, était non seulement faire preuve d’hypocrisie, mais aussi reflétait le fait que Pierre n’était pas encore réellement libre.
« Mais, lorsque Pierre est venu à Antioche , je me suis opposé ouvertement à lui, car il avait tort. En effet, avant l’arrivée de quelques personnes de l’entourage de Jacques, il prenait part aux repas communs avec les croyants non juifs ; mais après leur venue, il s’est esquivé et s’est tenu à l’écart, parce qu’il craignait les croyants d’origine juive . Comme lui, les autres chrétiens d’origine juive se sont mis, eux aussi, à cacher leurs véritables convictions, au point que Barnabas lui-même s’est laissé entraîner par leur dissimulation. Mais quand j’ai vu qu’ils ne marchaient pas droit, selon la vérité de l’évangile, j’ai dit à Pierre devant tous les frères : « Toi qui es juif, tu vis comme un croyant d’origine païenne, et non comme un Juif. Comment peux-tu vouloir obliger les frères et sœurs d’origine païenne à vivre comme des Juifs ? » Galates 2:11‭-‬14 BDS.
Dans les 2 cas, Paul a laissé sa conviction de liberté en Christ l’aider à faire ce qui était à la fois utile et juste, selon la situation vécue. Il n’a jamais été question de se renier, de se compromettre, et de poser un acte conduisant au péché. Mais il est question d’avoir suffisamment de discernement et d’amour pour reconnaître ce qui glorifie le Seigneur. Les enfants de Dieu étant artisans de la paix, c’est donc qu’il est préférable, autant que cela dépende de nous, de choisir ce qui unit et fait grandir, plutôt que ce qui divise inutilement.
Ne faisons pas de notre liberté en Christ une loi, mais laissons-la être Loi de l’Esprit de vie qui nous rend capables de tempérance, de sagesse, de justice et de bonté.
« Oui, tout m’est permis, mais tout n’est pas bon pour nous. Tout est permis mais tout n’aide pas à grandir dans la foi. Que chacun de vous, au lieu de songer seulement à lui-même, recherche aussi les intérêts des autres. » 1 Corinthiens 10:23‭-‬24 BDS.
Affectueusement,
Isa.

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