Mon burn-out spirituel : ce que j’en ai appris.

Le « Burn out » est par définition un syndrome d’épuisement qui commence par nous consumer de l’intérieur, pour finir par exploser à l’extérieur.

Bien qu’il lui ressemble beaucoup, le burn out est différent de la dépression. Cependant, il peut engendrer une dépression nerveuse.

On en parle beaucoup dans le milieu professionnel, et pratiquement jamais dans l’Eglise.

Les églises locales étant néanmoins devenues des mini-entreprises, on ne peut plus faire fi de ce problème. Il est tant d’aborder sérieusement ce phénomène qui touche de plus en plus de chrétiens qui malheureusement souffrent en silence.

C’est ce que j’ai récemment vécu.

Ma vie spirituelle était devenue sans saveur, lassante, ennuyeuse, épuisante, frustrante et même stressante. Je culpabilisais de ressentir cela car j’étais prise au piège entre 2 raisonnements :

  1. C’est de ma faute si ma vie spirituelle s’est refroidie
  2. Comment faire pour arranger les choses ?

J’ai arrêté d’aller au culte et de fréquenter une assemblée locale pendant presque 1 an. Et comme j’avais honte, peur du jugement et du regard des autres, je l’ai caché.

Je savais qu’on me poserait des questions auxquelles je ne me sentais ni l’envie ni la capacité de répondre.

J’en avais marre des discours supers spirituels. Des bons versets qu’on dit au lieu de parler franchement: Le spirituellement correct.

Je lisais des posts de chrétiens sur facebook, et il me semblait que je lisais la même chose. Tous parlaient de la même façon, employaient les mêmes expressions, glorifiant les mêmes pensées…Et moi, pensant et ressentant des choses différentes, « le problème venait forcément de moi ! » Me suis-je dit.

Aujourd’hui, beaucoup de personnes m’écrivent pour me remercier de mon franc parler à travers mes publications. Cela me fait à la fois sourire et soupirer. Car cela n’a pas été facile d’en arriver là, et je me demande encore comment j’y arrive. Il y a pas mal de choses dont j’aurais préférées me passer si le Seigneur m’avait demandée mon avis au préalable.

Mais je rends grâce à Dieu car assurément il est bon, fidèle et juste !

Cet article te révèle ce que j’ai pu apprendre, et que j’apprends encore, du premier burn out spirituel que j’ai vécu.

 

Il m’a fallu du temps pour admettre que je n’allais pas bien.

« Il n’est pas possible qu’un chrétien fasse une dépression. » « Un chrétien qui a vraiment la foi ne peut pas déprimer. »

C’est dans ce genre de raisonnement que j’ai longtemps baigné. Du coup, tout sentiment de faiblesse de ma part était vécu comme un échec: échec dans ma foi, échec personnel.

La culture de l’excellence, les lois sur la fidélité et la demande de plus en plus croissante d’effort, m’ont progressivement amenées à rejeter toute pensée de pause, de repos ou de vacances. Elles finissent aussi par générer une insatisfaction permanente. Nous sommes constamment à l’écoute d’enseignements nous poussant à repousser sans cesse nos limites, à désirer toujours plus, toujours mieux, qu’au final nous perdons toute capacité à apprécier ce qui est appréciable dans nos vies, dans nos situations. S’en suivent une lassitude et une frustration grandissantes, nous poussant à l’activisme à l’intérieur duquel nous espérons trouver une certaine valeur: la valeur par l’accomplissement.

Le problème dans cette façon de faire est justement que, lorsque nous désirons sincèrement plaire à Dieu, rien de ce que nous entreprenons ne nous procure la satisfaction que nous recherchons avec tant d’acharnement.

Je proclamais tous ces versets qu’on aime scander, je chantais je suis libérée, je m’efforçais de mettre en pratique toutes les clés, les lois et les protocoles qu’on m’enseignait, dans le but de trouver l’épanouissement spirituel, familial, matériel, et professionnel que je recherchais. Mais rien. Et plus le temps passait, plus je vivais cette dissonance profonde entre ce que j’entendais (de mes oreilles) et ce que j’écoutais (de mon coeur). J’avais l’impression d’avoir une double personnalité. Je commençais à me sentir fausse. Les paroles et les prières que je faisais sonnaient creuses. Je me sentais comme prise dans un tourbillon dont il était devenu impossible de se sortir. Je suffoquais mais ne recevais aucune bouffée d’air, nulle part, même pas dans la foi.

C’est alors que je me suis dit: « Ce n’est juste pas possible ! Là il y a vraiment quelque chose qui cloche. »

 

Des fondements « ébranlables ».

La question de la solidité des fondements de ma foi s’est posée le jour où j’ai enfin eu le cran de demander à Dieu « Comment se fait-il Seigneur que plus je suis enseignée, plus je me sens perdue ? »

Oui je dis le jour où j’ai enfin eu le cran car jusque là je me refusais même ne serait-ce que d’évoquer le fait qu’il puisse avoir un souci à ce niveau. Rappelle-toi, j’ai parlé plus haut de la « loi de la fidélité ». En tant que fidèle « fidèle », toute remise en question peut être qualifiée d’acte de rébellion. Et on ne veut absolument pas passer pour un rebelle n’est-ce pas ?

C’est alors que progressivement, j’ai compris que le problème n’était pas tant l’enseignement (la semence), mais aussi l’état du coeur qui le recevait (la terre).

Je connaissais beaucoup de choses, mais au fond je ne comprenais pas grand chose.

J’utilisais les enseignements et la Parole de Dieu pour arranger ma vie, pour obtenir ce que je voulais, pour mon bien-être et ma satisfaction.

Et oui, il faut aussi honnêtement le reconnaître, la plupart des enseignements que nous recevons aujourd’hui mettent davantage l’accent sur ce à quoi les chrétiens ont droit, ce à quoi ils doivent absolument prétendre et en dessous duquel leurs vies seraient considérées comme un échec ! Dieu veut que nous ayons une vie abondante n’est-ce pas ? Mais que met-on au juste dans cette expression de vie abondante ? Le nœud du problème se trouve justement là.

On nous enseigne sur la foi pour visualiser, proclamer et obtenir ce que nous désirons. Nous finissons par avoir foi en ce que nous proclamons, foi en l’enseignement, plutôt qu’en Dieu ! Sachant que la foi en Dieu c’est le courage et l’honnêteté de lui dire après lui avoir exposé nos besoins, « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel« !

Où est donc passée la souveraineté de Dieu dans nos vies ? S’il suffit de croire suffisamment et de proclamer pour obtenir ce que nous désirons, c’est bon, Dieu peut donc prendre sa retraite.

Il a fallu que je revois sérieusement les fondements de ma foi.

Je m’étais rendue compte que j’étais incapable d’expliquer, en des termes simples et compréhensibles, à un non croyant et même à un croyant, pourquoi est-ce que je croyais en Dieu et en Jésus-Christ son Fils.

J’étais plus axée sur les stratégies de vie que sur la vie elle-même, sur comment découvrir mon appel que sur l’écoute de Dieu, sur comment découvrir mes dons et talents que sur Christ en moi.

Je te pose à toi aussi cette question aujourd’hui: Sur quoi repose honnêtement ta foi ?

 

De nouvelles bases : Une bouffée d’air pour mon âme.

Puisque le « Christ est venu pour que ses brebis aient la vie et pour que cette vie soit abondante » (Jean 10:10), pourquoi avais-je ce sentiment permanent que ma vie n’était qu’un grand gâchis ? Rien avoir avec l’abondance, ni le bonheur, ni la prospérité, ni l’épanouissement dans aucun domaine de ma vie !

Serait-ce un mensonge ? De la poudre aux yeux spirituelle ? Sachant que Dieu ne ment pas, il doit donc forcément y avoir un menteur quelque part !

Et oui,…

Le berger et la brebis. Il est venu pour que Ses brebis… Quelle est la relation du berger et de sa brebis ? Le Psaumes 23 que nous connaissons par coeur nous en donne la réponse.

« L’Eternel est mon Berger, je ne manquerai de rien. Il me conduit dans de verts pâturages et près des eaux paisibles. Il restaure mon âme. Il me conduit dans les sentiers de la justice à cause de son Nom. Dans la vallée de l’ombre de la mort je ne crains aucun mal car il est auprès de moi. Sa houlette et son bâton me rassurent. » Psaumes 23:1-4.

Il… Lui le berger prend soin des ses brebis, c’est-à-dire celles qui reconnaissent humblement que sans LUI, elles ne peuvent rien faire. Celles qui dépendent de lui pour vivre. C’est lui qui donne le repos à ses brebis. La brebis dans le repos est celle qui est nourrie, protégée, conduite, celle dont tous les besoins sont pourvus par le berger.

C’est exactement ce dont j’avais besoin. Du repos, un rafraîchissement, une prise en charge.

Mais bien que c’est écrit noir sur blanc dans la Parole de Dieu, j’ai eu du mal à lui demander ce repos, cette eau et ces soins, car il fallait « suivre les protocoles d’approche de Dieu »  que je n’arrivais absolument plus à le faire. Alors je suis restée bloquée longtemps…bien longtemps. Quelle misère ! Quelle perte de temps !

Il fallu que j’arrive au bord de l’asphyxie pour enfin oser crier du fond de mes tripes « Seigneur guérit moi ou achève moi ! »

Il n’y avait plus de clés qui vaillent, plus de stratégies qui tiennent la route, plus de lois pesantes. A ce moment précis, il y avait juste un coeur et Dieu.

Etant donné que être agréable à Dieu était le profond désir de mon coeur (au point d’en devenir paralysant !), je me suis demandée comment des hommes comme David, Job, Elie, Paul,… avaient faits pour être approuvés par Dieu. Et en lisant les livres de Job, les Psaumes de David, le livre et les lamentations de Jérémie, les récits et témoignages de Paul,… j’ai fait une découverte stupéfiante :

Ces hommes étaient de la même nature que moi. Des êtres humains.

Ils ont osé être honnêtes, authentiques, francs, et vrais devant le Seigneur. Ils ne lui ont pas dissimulé leurs peurs, leurs doutes, leurs frustrations, par soucis de perfection, de respect, par peur de le décevoir ou peur d’être accusés de manquer de foi !

Comment espérons-nous donner si nous n’avons pas reçu ? Comment espérons-nous apprendre si nous ne disposons pas honnêtement nos cœurs ? Comment espérons-nous recevoir des réponses aux questions que nous ne posons pas ? Comment espérons-nous recevoir le pardon sans la repentance sincère ? Comment espérons-nous vivre la grâce de Dieu lorsque nous nous acharnons à établir des règles pour lui plaire ?

 

Voilà ce à quoi ce burn out spirituel m’a conduite, cette découverte qui m’a littéralement sauvée la vie: Mon Dieu est vivant, aimant et ACCESSIBLE ! Tellement plus accessible qu’on veut bien nous faire croire aujourd’hui.

La paix, la joie, et la liberté provenant d’une relation d’amour basée sur la confiance, pas la mienne mais celle de celui qui m’a aimée en premier, n’ont pas de prix. Elles se vivent dans la simplicité d’une relation sincère et honnête avec Dieu.

Le semblant, les bonnes apparences de piété n’ont jamais sauvés la vie de personne. Seul la vérité a ce pouvoir là, et c’est ce dont je parle dans mon second livre « Vous serez réellement libres »

Fais le chois de la vie, fais le choix de la vérité, fais le choix de la liberté.

Affectueusement,

Isa.

 

Commentaires

  1. Ella

    Ah la la, comme je me reconnais dans ton témoignage ! C’est tellement vrai, la peur de se remettre en question peut littéralement nous empêcher d’avancer. Surtout quand on «fréquente l’Église» depuis longtemps et qu’on est sensé être au point sur tous ces fondements. Je suis ravie de voir combien Dieu nous ramène tout près de Lui si on choisit l’authenticité et pas une «vie religieuse» de façade. Gloire à Dieu !
    En tout cas, sois bénie Isabelle, et que tu puisses être cette lettre vivante de l’amour de notre Dieu en Jésus autour de toi.

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  2. Julien

    Bonjour, je tombe sur cet article un peu par  » hazard  » je vais dire 🙂 .. Perso, j’en suis au point où tout me gave, surtout les gens. je crois même qu’à certains, je leur cracherais aux visages.. Depuis début juillet, j’ai annoncé me retirer du groupe de louange jusque début septembre, histoire de faire le point.. Je pense me retrouvé dans tes écris. Je n’arrive plus à lire, à comprendre, à prendre du temps. En pleine nuit, je me réveille par moment sur un cours instant pour crier  » Au secours Jésus!  » puis je me rendors.. En ce qui me concerne, je pense que ce « bout du rouleau » est une accumulation de faits ( vie privé et vie d’église ) sur plusieurs années. Je ne m’attends plus à rien. Le fait de répondre à cet article me permet juste de me dire que je ne suis pas le seul et cela me rassure et bizarrement, me fait aussi un peu de bien..

    Merci et bonne journée à vous Isa.

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    1. Isa Auteur de l'article

      La seule chose que je peux te confirmer Julien, c’est que tu n’es pas seul ! Même si ce n’est pas facile, rends grâce à Dieu durant ce sombre moment que tu vis, car il est assurément entrain de te montrer comment aller en profondeur avec lui. Courage et à bientôt.

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  3. Henri

    Bonjour Isa, je te suit depuis quelques temps, et cet article est une vraie bouffée d’oxygene pour moi. Car je passe par une crise spirituelle, mon problème est que nos églises aujourd’hui encouragent les fidèles à donner des sommes énormes : 10000 € et plus, et on ne prends plus le temps de prier pour eux et de les suivre. Résultats des courses, certains traînent les mêmes problèmes depuis 4, 5 ans de vie chrétienne. Raison pour laquelle certains en arrivent à un burn out spirituel, leurs vies ne connaissant pas un changement profond. Moi j’exhorterai mes frères et sœurs à retourner au fondement de la vie chrétienne, la communion avec Dieu notre père pour retrouver une vraie paix intérieure. Merci Isa pour cet article et que Dieu continue de te fortifier !!!

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  4. Arlette Christelle

    Bonjour ISA. Je te suis sur Facebook et ce matin c’est la deuxième fois que je lis cet article. La simplicité de ta foi me rassure que je ne suis pas la seule à aspirer à la relation Père et Fille avec Dieu et non plus Commandant et Guerrière. J’ai traversé et suis encore en plein dedans une période qu’aucun mot ne peut exprimer. Je me suis faite écouter par des ainés dans le foi, des prêtres, des pasteurs, des coachs sur Facebook et tout ce que tu peux imaginer, mais n’y faisait. Je me demandais justement pourquoi au fur et à mesure que j’écoutais des enseignements, plongée dans l’activisme pensant pouvoir mériter les bénédictions de Dieu et , que dans mon cœur grandissait le désir de Lui plaire la tempête soufflait plus violemment. Je perdais mon assurance , je ne pouvais pas en deux phrases dire à un non chrétien pourquoi je croyais en Dieu et en Christ, pourquoi j’avais abandonné la vie que je menais avant . J’ai même arrêté d’aller à l’église, et mes moments de prières se résumaient à pleurer et pousser des soupirs parce que les mots ne suffisaient plus.Je t’ai même d’ailleurs écrit sur Messenger.
    Et un jour j’ai un ami prêtre qui m’a dit :  » Arlette ton problème est que tu as perdu la simplicité d’un enfant et tu veux imiter les surpras spirituels. Tu veux épater Dieu, tu réfléchis beaucoup et tu es trop dure envers toi même. » Sur le moment je me suis dit qu’il n’avait rien compris et j’ai cherché des solutions ailleurs. Mais la première fois que j’ai lu cet article, j’ai reçu comme une bouffée d’air frais. Aujourd’hui encore il me parle clairement. L’assurance que je pensais avoir perdu c’est en réalité ma propre assurance en mes propres moyens, et toutes les clés et lois que j’observais pensant pouvoir obtenir de Dieu des faveurs dans tous les domaines de ma vie. Je me disais que ce n’est pas normal qu’une chrétienne qui prie en langue, prophétise, chantre connaissent la disette et que c’était moi le problème. Alors je m’activais d’avantage dans les enseignements, le jeune , prières nocturnes, mais drôlement la situation se dégradait. J’ai compris que je me fuyais comme m’avait dit un ainé et que je refusais d’accueillir le don de Dieu comme Christ l’avait dit à la Samaritaine : LE REPOS. L’abandon à sa volonté et non plus ce que je veux ou pense être bien parce que c’est ce qui est correct pour un chrétien.
    Et j’ai envie de dire OUFFFF et GLOIRE A DIEU.. J’ai également à cœur de secourir les autres qui ne savent pas qu’ils peuvent etre juste eux. Merci ISA pour qui tu es. Que Dieu te bénisse.

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    1. Isa Auteur de l'article

      Wouah ! Arlette, je ne sais pas quoi dire en lisant un commentaire comme le tien. Je suis juste reconnaissante car cela m’a demandé du courage et de faire entièrement confiance à Dieu pour laisser les mots parler tels qu’ils venaient à mon coeur. Pour moi aussi ça a été une bouffée d’air de le comprendre et surtout de l’admettre.
      Alors prends courage Christelle ! Tu es bénie et aimée de ton Père céleste !!

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  5. OPONT

    Merci pour ton témoignage qui a décrit ma situation actuelle.
    Tu me confortes que le Chretien Authentique n’est pas un « super man » ou « super woman »
    Je n’aurai pas à rougir ce dimanche au culte.

    Que Dieu te bénisse.

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