Pourquoi tant de chrétiens sont-ils frustrés ?

La frustration vient de la dissonance, de l’inadéquation, entre ce que nous croyons (ou plutôt de ce que nous pensons croire), et ce que nous voyons, vivons, ou ressentons.

Les enseignements sur la prospérité et le règne des chrétiens n’ont jamais été aussi nombreux. On nous explique comment obtenir de Dieu ce que nous voulons, on nous partage des clés et des stratégies pour que les promesses bibliques se réalisent dans nos vies, on nous apprend à mettre Dieu à l’épreuve de sa Parole… Dans quel but ? Que ses bénédictions pleuvent dans nos vies.

Mais Isa, Dieu ne veut-il pas que nous soyons bénis ? Dieu ne désire t-il pas le bonheur de ses enfants ? Ne nous promet-il pas la vie abondante avec Jésus-Christ ? Ne sommes-nous pas cohéritiers avec Jésus-Christ ? Les bénédictions d’Abraham ne sont-elles pas pour nous en Christ aujourd’hui ?

Si. Le problème ne vient pas de là, mais plutôt de l’interprétation que nous avons de ces notions, tirées un peu ça et là et extraites hors de leurs contextes bibliques. Certaines sont même devenues des slogans dignes de véritables spots publicitaires.

Alors, lorsqu’arrive ce moment où nous faisons le constat flagrant de la sécheresse spirituelle qui nous entoure, du vide sidéral qui nous habite, et de l’absence de résultats durables de nos méthodes, nous finissons par nous remettre en question. Encore faut-il vouloir nous remettre en question !

C’est arrivé à ce point que, dans mon cas, ma première véritable crise spirituelle a commencé.

Je me suis efforcée d’appliquer les lois spirituelles, les clés divines et les protocoles divins à la lettre, sans parvenir à obtenir le résultat souhaité. Pourquoi ?

Puisqu’apparemment les autres semblent parfaitement s’épanouir dans ce schéma, pourquoi pas moi ?

Qu’ai-je fait de mal ? Que n’ai-je pas compris ?

J’ai fini par croire que j’avais moins de mérite que les autres. Alors j’ai essayé de gagner l’amour de Dieu. GROSSE ERREUR !!

Je me suis épuisée à m’impliquer dans des activités qui n’avaient pas réellement de sens pour moi. Je m’activais toujours plus, j’essayais de répondre à chaque sollicitation. Je culpabilisais de ne pas arriver à en faire plus, mais je ne me sentais pas pour autant accomplie dans ce que je faisais déjà. Je me sentais fatiguée sans pour autant arriver à dire concrètement ce que je faisais. Comme un hamster qui passe la journée à courir sur place dans sa cage, ou un soldat qui donne de violents coups d’épée dans le vide, j’étais épuisée pour rien.

Ce comportement n’était pas volontaire. Je n’ai pas consciemment choisi d’adopter une telle attitude. Je n’ai pas volontairement fait le choix de ce qui allait lentement mais sûrement me conduire à la dépression que j’ai vécue. Cela n’empêche que je l’ai pourtant fait, ce choix.

Comment ?

En me choisissant, moi plutôt que Dieu. En poursuivant mon bien-être et le bonheur selon ma conception. En cherchant à obtenir ce que je désirais, et ce que j’estimais être bon pour moi. En cherchant à parvenir à l’image que je me faisais de la réussite et de l’accomplissement.

Mon…, Moi, Mes…

J’étais frustrée. Je n’étais pas du tout satisfaite de ma vie, que je considérais comme un échec en la comparant à celle des autres.

Je constatais une telle différence entre ce que je proclamais à l’église, à la maison, à mon entourage, et ce que je vivais au plus profond de moi ! Les mots que je prononçais résonnaient comme creux et vides de sens.

Et c’est à mon avis ce que pas mal de chrétiens frustrés qui liront ce livre ressentent actuellement.

Où est ma percée ? Où est ma victoire ? Où est mon bonheur ? Où est ma prospérité ? Où est mon élévation ? Jusqu’à quand ? Pourquoi tardes-tu Seigneur ?

Beaucoup de chrétiens sont actuellement frustrés du fait de ne pas vivre en adéquation entre ce qu’ils proclament d’un côté et ce qu’ils vivent de l’autre. Il finit par se créer en eux une véritable dissonance intérieure. Un mélange de sons et d’informations qui ne produit aucun message cohérent sur lequel se fonder pour agir et avancer. Ce mal être profond finit par se manifester de plusieurs façons : découragement, complexe d’infériorité, manque d’assurance, mauvaise estime de soi, peurs excessives, inquiétudes et incertitudes permanentes, colères inexpliquées, etc.

Dans mon cas, j’avais même  perdue toute envie de me rendre au culte, et de me retrouver en présence d’autres chrétiens. Je me suis isolée car je ne voulais pas que les autres constatent mon mal être, et pour être franche, je craignais d’être jugée, d’être classée dans la catégorie des « rétrogrades » !

J’en avais marre des enseignements et des prédications. Je ne voulais plus en écouter aucun.

Entendre répéter que j’étais la lumière de monde alors que je me sentais éteinte, le sel de la terre alors que je me sentais fade, ne m’éclatait plus tellement. J’étais profondément triste. Le vide que je ressentais en moi semblait abyssal, sans fond. J’étais découragée, fatiguée, confuse dans tous les domaines de ma vie, incapable d’exprimer ce que je ressentais. J’avais perdu l’appétit, plongée dans une dépression qui m’a conduite à souhaiter que Dieu m’ôte la vie.

Mais tout ceci était sans compter sur l’Amour de Dieu. Et oui ! Cet Amour que j’essayais de gagner par mes efforts !

En effet, ce qui est hallucinant quand j’y pense maintenant, c’est que pendant toute cette période de désarroi spirituel et émotionnel, s’il y a bien une chose que je n’ai pas cessé de faire, c’était de lire ma Bible.

Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais la seule chose que j’avais la force et l’envie de faire était de lire ma Bible, la Parole de Dieu. Je voulais qu’il me parle, qu’il m’aide à comprendre ce qui clochait chez moi. Et puisque je n’arrivais même plus à prier, je lisais et méditais. Je ne comprenais pas forcément grand-chose à tout ce que je lisais, mais la curiosité me poussait à continuer.

Je voulais savoir comment Paul était devenu le grand Apôtre qui nous inspire tant aujourd’hui. Je voulais comprendre comment David avait pu devenir l’homme selon le cœur de Dieu. Je voulais comprendre pourquoi Dieu disait de Job qu’il n’y avait sur la terre aucun homme aussi fidèle que lui. Je voulais comprendre comment Abraham avait pu se mettre en route sur instruction d’un Dieu qu’il ne connaissait même pas à l’époque, marcher avec lui et devenir le Père de la foi. Je voulais comprendre pourquoi Eli, Elisée, Moïse, Joseph, les Apôtres et tous ces illustres personnages bibliques que Paul cite en Hébreux 11, en disant qu’ils étaient des hommes de la même nature que nous, ont réussi à accomplir les desseins de Dieu dans leurs générations.

Et là j’ai fait une découverte stupéfiante qui a littéralement ébranlé toute ma façon de penser : Ces hommes et femmes n’étaient pas parfaits !

En effet, ils étaient comme nous, des êtres humains. Avec leurs qualités et leurs défauts, leurs  succès et leurs échecs, leurs moments de ferveur et leurs moments de découragement, leurs rêves et leurs désillusions… Mais en tout cela, ils ont su être et faire ce que le Seigneur attendait d’eux.

Alors, s’ils étaient comme nous, et nous comme eux, comment parvenir, comme eux, à faire des exploits dans notre génération ? A manifester ce que Dieu dit que nous sommes ? Le sel de la terre et la lumière du monde ?

La réponse a été donnée plus haut, « ils ont su être et faire… »

En effet, pour faire ce que le Seigneur nous demande, nous devons être qui nous sommes. Comme les membres du corps humain, chacun a une fonction inhérente à ses caractéristiques. Et le corps entier se porte bien lorsque chaque membre occupe sa fonction, accomplissant ce qu’il doit accomplir, à sa place. Communiquant les unes avec les autres, les différentes parties du corps s’ajustent les unes par rapport aux autres pour continuer de transmettre une information cohérente à l’extérieur.

C’est cela l’épanouissement. Il provient de la liberté d’être qui nous sommes, pour de faire ce que nous devons faire.

La chrétienne frustrée et dépressive que j’étais, n’assumait pas qui elle était, et du coup ne sentait absolument pas libre. Sachant qu’un lien, qu’il soit physique ou intellectuel, est une chose qui nous empêche de nous mouvoir, je ne pouvais donc  pas « faire ».

Pourquoi tant de chrétiens sont-ils frustrés ?

Parce qu’ils essaient, tentent, cherchent, à obtenir de Dieu ce qu’ils veulent, pour eux, au lieu de se disposer à recevoir, de Dieu, ce qui est bon pour eux.

Extrait du livre « Vous serez réellement libres. Des chrétiens libres et épanouis pour être pertinents et crédibles.« 

Disponible ici !

Affectueusement,

Isa.


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