Stop à l’escroquerie spirituelle.

Ceux qui ont l’habitude de me lire, et qui ont un tout petit peu compris ce qui m’anime, ont pu constater que l’une des choses qui me révoltent le plus dans nos milieux chrétiens évangéliques (et dans l’Église en général), c’est la manipulation des versets bibliques dans le but de maintenir les chrétiens dans des mensonges morbides.

Aujourd’hui je souhaite aborder le sujet concernant les offrandes offertes (ou payées selon comment on se place) à nos pasteurs et responsables spirituels.
Il y a dans nos milieux, une certaine conception de l’offrande qui consiste à dire aux chrétiens, en gros « bénissez l’oint de l’Éternel et vous serez bénis en retour ! ». Ce qui en soi est n’est pas faux, mais n’est cependant pas toujours énoncé de façon juste.
Quand le besoin et le dénuement se rencontrent…
Je lisais l’histoire de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine en Jean 4:6-14. En la lisant, je me rappelais également celle de la rencontre d’Éli avec la veuve de Sarepta (1 Rois 17:8-24). Et plusieurs similitudes m’ont frappées.
Déjà nous avons la rencontre de 2 personnes qu’à priori tout oppose : un juif et une femme étrangère. Mais ce qui m’intéresse ne se trouve pas là. En effet, dans les 2 cas, nous entendons « l’homme de Dieu » demander à la femme de donner d’abord pour lui ce qu’elle est venue chercher pour elle : la samaritaine de l’eau pour Jésus, la veuve de Sarepta du pain pour Éli. En faisant cela, les 2 hommes promettent à ces femmes qu’en retour, leurs besoins seront comblés au delà de leurs espérances.
Ainsi, donnez ce qui vous reste pour vivre, donnez ce dont vous avez besoin pour vivre à l’homme de Dieu, faites comme la veuve qui a mis tout ce qui lui restait dans l’offrande du temple, et vous ne manquerez de rien ! J’avoue que la facilité de céder à une telle conclusion est très tentante, cependant je ressens en mon for intérieur qu’il n’y a rien de plus faux.
Aimer son prochain comme soi-même…
Tout comme l’histoire du bon samaritain, je crois que ces récits nous enseignent davantage sur la générosité et la recherche du bien d’autrui.
Dans le récit de la rencontre entre Éli et la veuve de Sarepta, nous pouvons constater que des 2 personnes, la condition d’Éli était « pire », techniquement parlant, que celle de la veuve. Il ne lui restait certes qu’un peu de farine et d’huile pour ne préparer qu’un pain, mais comparer à elle, Éli n’avait rien, si ce n’est la Parole de Dieu.
Jésus était seul, fatigué et assoiffé, assis au bord d’un puits sans sceau pour pouvoir puiser de l’eau. Alors il demande à la femme, qui certes vient chercher de l’eau pour ceux de sa maison mais est tout de même équipée d’un sceau, de lui donner d’abord à boire.
Nous ne savons pas où se rendait le bon samaritain et ce qu’il avait prévu de faire avec son argent et de son temps, mais il a fait une pause et dépenser une partie de son budget afin de secourir le juif laissé pour mort.
Alors voici mon propos et mon avis.
Beaucoup de pasteurs se servent, consciemment ou inconsciemment, de leur « réussite » et de leur notoriété pour faire comprendre d’une certaine façon à leurs ouailles que si elles les bénissent par leurs offrandes, comme la veuve de Sarepta et la femme samaritaine, elles recevront en retour de grandes bénédictions de Dieu. Alors on voit des personnes dans le besoin apporter tout ce qu’elles ont, privant mêmes les leurs du nécessaire vital, pour donner à l’église, dans le but d’être bénies. Le tout savamment enrobé d’une couche plus ou moins épaisse de culpabilité si la personne ne fait pas cet « effort de générosité. »
C’est de la manipulation. Ce n’est ni bon, ni vrai, ni juste.
Le fardeau de Dieu et le coeur de l’Homme…
L’homme de Dieu, celui qui accepte effectivement de porter le fardeau de Dieu sur ses épaules, se retrouve bien souvent dans des situations de dénuement (physique, financier, émotionnel, spirituel) car il a fait un choix, celui de la vérité et de l’intégrité. Ce choix peut parfois le conduire à vivre des situations très difficiles à supporter pour le commun des mortels. Celui-là peut en effet espérer recevoir un peu de ce que la plus pauvre de ses ouailles possède. Il s’agit là de partager le peu que nous avons, et ce n’est pas forcément matériel ou financier, avec celui qui en a encore moins que nous, afin que sa joie et la nôtre soient complètes.
Jésus a envoyé ses disciples en leur ordonnant de ne rien prendre sur eux et pour eux, mais de ne dépendre que de la générosité de ceux qui accepteront de les accueillir. (Luc 9:1-6). Aussi, il dit que celui qui consentira à ne donner ne serait-ce qu’un verre d’eau froide à l’un de ses envoyés recevra pour lui la même part que Dieu réserve à son envoyé. (Matthieu 10:40-42).
Ne serait-ce qu’un verre d’eau froide…
Comprends ceci…
Cette note n’a certainement pas pour objectif d’encourager les hommes de Dieu à l’inactivité sous prétexte d’attendre leur pain de la part des fidèles dont ils ont la responsabilité ! Les épîtres des apôtres de Jésus-Christ recommandent avec force le contraire et leur demandent également de travailler, quand cela est possible, pour manger. Cependant, celui qui travaille avec honnêteté et intégrité spirituelles est en effet en droit de pouvoir compter sur le soutien des fidèles que Dieu nourrit à travers lui.
Alors cher(e) ami(e), si tu es dans le besoin et que ton pasteur est prospère financièrement, ce n’est pas en lui donnant ton nécessaire vital afin qu’il prie pour toi, que tu recevras ta part de prospérité. Car s’il est vraiment intéressé par ton bien être, il te le rendra sans te culpabiliser.
Sauf si c’est Dieu qui lui a fermement ordonné de ne refuser aucune offrande bien sûr !!! (Lol).
Affecteusement,
Isa.

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