Ecouter nos émotions n’est pas un péché !

Toutes les fois où nous choisissons de nier nos émotions, de les ignorer ou des les enterrer, sont autant d’occasions ratées de mieux connaître Dieu, car ce sont également des moyens dont il se sert pour nous parler. Être honnêtes devant le Seigneur sur ce que nous ressentons et reconnaître devant lui notre vulnérabilité, sont les premiers pas nécessaires pour être réellement  libres en Christ.


Je sais que beaucoup d’enseignements dans nos assemblées évangéliques nous encouragent vivement à ne pas prêter attention à nos émotions car elles seraient des sources potentielles de rébellion envers Dieu [mais bizarrement ce n’est jamais le cas quand il s’agit de traiter la frustration liée au besoin de prospérité !😏]. Il faut faire attention avec cette façon de voir les choses. Ces enseignements tentent de transformer les chrétiens en robots, pilotés en mode automatique par le Saint-Esprit ! Ce n’est pas sain et ça produit des chrétiens schizophrènes, constamment troublés et désorientés, en guerre permanente contre eux-mêmes, et entraînés dans un perpétuel mécanisme d’auto sabotage. Moi qui rédige ces lignes actuellement en sais malheureusement ou heureusement quelque chose.


Aux milieux des ses douloureuses épreuves, Job était entouré d’amis très sages qui tentaient de lui expliquer ce qu’il était censé ressentir et dire au sein de ses afflictions. Malgré le poids de la culpabilité que ses « consolateurs » essayaient de faire peser sur ses épaules, Job ne put se contraindre à dire ce qu’il ne pensait pas. Il choisit malgré tout de reprendre son cœur en toute honnêteté et transparence devant Dieu. Il fut finalement approuvé par Dieu. (Lire le livre de Job).


Jésus, à l’aube de sa mise à mort, a pleuré tellement il était, selon ses propres termes, triste à en mourir (Matthieu 26:38). Il était tellement affligé, qu’il a même demandé à Dieu le Père, de lui épargner la coupe amère de la croix si cela était possible. Était-il possible qu’il y ait un autre moyen d’accomplir le plan de Dieu en dehors de cette croix ? Jésus aurait volontiers accepté cette option à ce moment là apparemment ! Cependant, il a demandé que ce soit la volonté de Dieu qui s’accomplisse parfaitement, et des anges sont venus le fortifier afin qu’il aille jusqu’au bout de la mission (Luc 22:42-44). Plus tard, il est ressuscité, car la mort n’avait trouvé de force dans aucun péché qui lui aurait permis de le retenir dans la tombe.


Je comprends que lorsque nous ressentons des émotions qui nous agitent profondément, des personnes, comme les amis de Job, viennent nous suggérer ce que nous devrions éviter de dire ou penser. Elles le font dans le but de nous épargner d’être happés par le péché à cause de nos émotions. Cependant, éprouver des émotions n’est pas un péché. Comment nous les gérons, et ce que nous en faisons, là se trouvent les véritables questions.

Apprendre à ressentir et céder ce que nous ressentons sont deux choses différentes. De plus, il ne s’agit pas là d’une attitude qui nous pousserait à nous centrer égoïstement sur nous-mêmes. Cet apprentissage nous demandera justement beaucoup de courage, d’honnêteté et de force que nous ne pouvons trouver que dans la foi offerte par le moyen de la grâce en Jésus-Christ. Il s’agit d’apprendre  à nous servir de nos émotions pour encore mieux nous approcher de Dieu. Il s’agit d’accepter d’entendre ce qu’il veut nous enseigner à travers ce que nous ressentons.


Plutôt que de tenter de museler ce que nous ressentons, par crainte de mal agir ou par peur de pécher, il serait justement nécessaire et plus avisé d’apprendre à l’écouter, d’apprendre à s’écouter. Fuir nos émotions ne nous fera pas moins les ressentir. En avoir peur ou les nier ne leur ôtera pas leurs forces. Bien au contraire. 

Affectueusement,

Isa.

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