La révolution est en marche

Les vents de révoltes que nous observons chez plusieurs catégories de populations, en Europe et en Afrique, sont assez révélateurs d’une chose. Les gens ont soif de justice. Ils ont compris que c’est par l’établissement d’un système de gouvernance plus juste et plus honnête, que beaucoup d’inégalités seront réglées. Ils ne demandent pas que tous soient riches, ou que les riches donnent tout ce qu’ils ont. Ils demandent simplement la possibilité de vivre du fruit de leur travail.

L’Église aussi devrait faire davantage attention. Qu’elle ne se croit pas à l’abri de ce vent de révolte. Oui je l’affirme. Que L’Église ne se croit pas à l’abri de ce vent de révolte. Car dans ces rangs également, les gens ont davantage soif de justice et d’intégrité. Et il serait vraiment très avisée de sa part d’arrêter de penser qu’elle pourra continuer à maintenir les gens sous perfusion d’hypnotiques, ces versets bibliques et enseignements paralysants, neutraliseurs de pensées utilisés à tort et à travers dans le but de tenir la foule en laisse. Car dans ses rangs, il se trouve aussi des personnes qui en ont marre que certains responsables leur demandent de porter des charges qu’ils ne sont pas eux-mêmes capables de porter, et qui ne les aident pas à porter. 

Personnellement, j’ai plus de respect pour un pasteur humain, et je suis plus enseignée par celui qui reconnaît la grâce puissante et agissante de Dieu dans sa vie, qui tombe et qui se relève avec l’aide de Dieu, qui n’essaie pas de se faire passer pour plus fort qu’il ne l’est en réalité, et qui sait en tirer les leçons pour nous exhorter et nous encourager. 
Je sais que beaucoup parmi nous préfèrent les « généraux de Dieu », ces supers pasteurs bien sur eux à qui tout semble réussir. Je ne dis pas qu’ils ne connaissent pas d’épreuves et de combats dans leurs vies. Au contraire, ils ont certainement dû en vivre des douleurs pour en arriver là. Seulement, ce que je déplore, c’est que la plupart ne se sert justement que de la partie émergée de l’iceberg pour motiver et enseigner les foules. 
C’est un peu de notre faute aussi. À force d’exiger la perfection, nous finissons par produire des hypocrites.

J’ai eu la chance ces 3 dernières années, de faire la connaissance (grâce aux réseaux sociaux !) d’hommes de Dieu qui ne se prennent pas, ni se font passer, pour des demi-dieux. J’ai appris, et continue encore d’apprendre avec eux, à accepter et révéler qui je suis, sans en avoir honte ni peur. J’ai appris à leur contact que la liberté de penser n’était pas un péché dans le Royaume de Dieu, et qu’être en Christ ne nous met pas à l’abri de certains péchés ou faiblesses, même les plus inavouables au commun des mortels. Et tout ne se passe pas toujours sans frictions ! LOL, non pas du tout. Nous connaissons aussi des moments de véritables désaccords. Et c’est là que c’est génial. Parce que nous avons en face les uns des autres, des personnes capables d’entendre ce que l’autre dit, afin de comprendre pourquoi il le dit, avant d’en juger le bien-fondé ou pas, et d’oser exprimer librement son désaccord. Je rends grâce à Dieu pour eux.

J’aime comment des prédicateurs comme Charles Spurgeon pouvaient toucher les cœurs par l’Évangile en exposant leurs faiblesses et leurs combats intérieurs pour tenir fermes dans la foi. Ce n’étaient pas des hommes parfaits, nous ne pouvons pas être d’accord avec tous les aspects de leurs vies et leurs choix, mais au moins ils étaient humains, comme nous.

Les chrétiens d’aujourd’hui pensent bien souvent à tort que l’apôtre Paul qu’ils aiment tant citer en exemple, était un homme parfait, un guerrier sans défaites, un homme sans défauts. Seulement, s’il était capable de dire à ses auditeurs « faites ce que vous avez appris de moi, ce que vous avez reçu et entendu de moi, ce que vous m’avez vu faire » (Philippiens 4:9), ce n’était absolument pas parce qu’il était parfait ou par arrogance, mais parce qu’il avait foi en Jésus-Christ, en ce qu’il avait reçu de lui et transmis aux autres. 

Que ce soit dans le monde ou dans l’Église, nous avons besoin de responsables capables de supporter les charges qu’ils imposent aux autres. Ça ne diminuera en rien leur prestige. Au contraire, ça les rendra encore plus grands. Car une chose valable sous le soleil, c’est que les gens élèvent ceux qui se mettent à leurs niveaux, pendant qu’ils essaient en permanence de scier l’arbre sur lequel sont perchés ceux qui les regardent de haut.

Affectueusement,

Isa.

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