Discerner le bien du mal est-il un instrument de vie ou de mort ?

Bonjour les amis  . Parlons aujourd’hui du discernement ! Je ne sais ni comment, ni pourquoi je me suis un jour retrouvée à méditer sur ce sujet, mais voilà je viens dans ce nouvel article vous faire part du fruit du travail de mes méninges .

« Le Seigneur Dieu prend l’homme et il le place dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. Le Seigneur Dieu donne cet ordre à l’homme : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin. Mais tu ne dois pas manger les fruits de l’arbre qui fait connaître ce qui est bien ou mal. Oui, le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est sûr. »

Genèse 2:15-17, PDV 2017

Notons que dans ce récit de la Genèse, Dieu avait placé deux arbres au milieu du jardin, celui de la vie et celui de la connaissance du bien et du mal. Cependant, il n’y a que le second qu’il avait formellement interdit à l’homme de consommer. Dieu dit à l’homme que s’il mange du fruit de cet arbre interdit, il mourra. Alors les questions qui me viennent en tête sont les suivantes : En quoi avoir connaissance de ce qui est bien et de ce qui est mal peut-il être une mauvaise chose ? Ne serait-ce pas plutôt utile pour l’exercice du discernement ? Dieu ayant créé l’être humain à son image et selon sa ressemblance, pourquoi lui a-t-il interdit de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Dieu savait-il que les humains seraient incapables de gérer une telle connaissance ? Dans ce cas, sont-ils véritablement à son image et selon sa ressemblance ?

« Parmi les bêtes sauvages que le Seigneur Dieu a faites, le serpent est le plus rusé. Il demande à la femme : « Est-ce que Dieu vous a vraiment dit : “Ne mangez aucun fruit du jardin” ? » La femme répond au serpent : « Nous pouvons manger les fruits du jardin. Mais pour l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Ne mangez pas ses fruits et n’y touchez pas ! Sinon, vous mourrez.” » Le serpent répond à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu le sait bien : le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront. Vous serez comme des dieux, vous pourrez savoir ce qui est bien ou mal. »  La femme se dit : les fruits de cet arbre sont beaux, ils doivent être bons. Ils donnent envie d’en manger pour savoir plus de choses. Elle prend un fruit de cet arbre et le mange. Elle en donne à son mari qui est avec elle, et il en mange aussi. »

Genèse 3: 1-6, PDV 2017.

Dans ce passage, lorsque le serpent s’approche de la femme pour lui parler, je ne peux que constater le fait qu’elle semble tout à fait détendue en sa présence. Il est pourtant bien précisé qu’il était l’animal le plus rusé de tous ceux que Dieu a créé. Toutefois, la femme ne semble en aucun cas suspicieuse face à ses propos. Son homme (Adam) n’était-il pas pourtant celui qui avait nommé tous les animaux de la terre ? (Genèse 2 : 18-19) Ils devaient bien savoir à qui ils avaient à faire ! Non ? Vous ne pensez pas ?

Voyez-vous chers amis, c’est justement ce repos, cette quiétude qui m’interpellent et m’intriguent à la fois. 
Avant de manger le fruit de cet arbre, il est écrit que l’homme et la femme étaient tous deux nus sans avoir honte ni de l’un ni de l’autre, ni face à l’un et l’autre. Dieu les avait chargés de cultiver et garder le jardin dans lequel il les avait placés en leur donnant la domination sur tous les êtres vivants créés par Lui. Mais lorsqu’ils eurent mangé du fruit interdit et qu’ainsi leurs yeux « s’ouvrirent » à la connaissance du bien et du mal comme le serpent les en avait assurés, la première chose qu’ils perdirent fut cette quiétude, cette paix qu’ils avaient dans la présence l’un de l’autre, et tous les deux dans la présence de Dieu. Ils étaient pourtant devenus « comme des dieux »! Alors pourquoi se sont-ils finalement trouvés si petits, si faibles, honteux et laids ?


Je me suis mise à réfléchir (et oui) à toutes ces questions, et voici quelques points qui ont retenus mon attention.

1-Dieu a fait l’être humain à son image et selon sa ressemblance, mais certainement pas identique à lui.

Je suis consciente qu’il ne plaît pas à la frange la plus charismatique-pentecôtiste du Christianisme moderne de l’entendre, mais c’est pourtant un fait. Nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes pas non plus des demi-dieux, nous sommes des êtres humains. Le fait qu’en Jésus-Christ, le Père soit venu habiter en nous par son Saint-Esprit, fait de nous des enfants de Dieu et non des dieux.

Ah cela, j’entends parfaitement l’argument selon lequel les chiens ne font pas des chats, et si nous sommes enfants de Dieu nous avons donc en nous l’ADN de notre père, ce qui fait de nous des dieux, selon qu’il est écrit: « Moi (parlant de Dieu), j’ai dit : Vous êtes des dieux, des fils du Dieu très-haut, vous tous ! » Les Psaumes 82:6 PDV2017.


Dans ce cas, pourquoi Dieu en est-il arrivé à cette décision en Genèse 3 : 22-24 :


« Le Seigneur Dieu se dit : « Eh bien, l’homme est devenu comme un dieu : il connaît ce qui est bien ou mal. Maintenant, il ne faut pas qu’il prenne aussi les fruits de l’arbre de la vie. S’il en mangeait, il vivrait pour toujours. » Alors le Seigneur Dieu chasse l’homme du jardin d’Éden et il l’envoie cultiver la terre qui a servi à le faire. Après que le Seigneur a chassé l’homme, il place des chérubins à l’est du jardin d’Éden. Avec une épée de feu qui tourne dans tous les sens, les chérubins gardent l’entrée du chemin qui conduit à l’arbre de la vie. »


Tous les êtres humains, croyants ou pas, ont été créés à l’image de Dieu et selon sa ressemblance en Adam, selon la naissance humaine. Ceci peut probablement expliquer cette capacité que possède l’humain à se développer, voir grand, rêver grand, aspirer à toujours plus, toujours mieux dans le but d’améliorer sa vie sur la terre. Cependant, en Christ, le Fils de Dieu, nous devenons véritablement enfants de Dieu par notre nouvelle naissance spirituelle. Cela ne nous rend pas identiques ou égaux à Dieu. Cela nous rend encore plus dépendants de lui. Car celui qui étend la main pour guérir les malades ou délivrer des esprits mauvais, ne le fait pas en son nom, selon sa puissance et sa volonté, mais uniquement au Nom et par la puissance de Jésus le Christ.


« À l’image de Dieu, à sa ressemblance ». Cette déclaration est, encore plus actuellement pour ceux qui sont en Christ, source de fantasmes et de spéculations toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. Et malheureusement, entre de mauvaises mains, l’instrument pour nourrir et entretenir une séduction et un orgueil vicieux dans les cœurs des croyants.

2-La mort dont il est question est la perte du repos de Dieu.

L’homme et la femme ont mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Ils ont donc en principe « grandit en discernement ». Ce qui à priori serait plutôt considéré comme une bonne chose !

Il semble cependant que ce n’était pas ainsi que Dieu voyait les choses. Il les créés à son image, mais ne leur permet pas de connaître le bien et le mal. Il ne les a pas pour autant créés sans cervelles ! Les êtres humains n’étaient pas des robots télécommandés ! Et pour preuve, le simple fait de placer deux arbres, soient deux chemins devant l’Homme, révèle que Dieu n’a pas créé les humains incapables de désobéir ! Ils ont toujours eu le choix, mais avec des instructions claires.

Du moment où ils ont consommé ce fruit, ils se sont exposés à une réalité à laquelle ils n’étaient probablement pas destinés au départ. Car bien qu’ils avaient la possibilité de décider (Dieu dans son amour n’ayant pas créé des robots), ce n’était pas la volonté de Dieu qu’ils accèdent à cette connaissance.

Maintenant qu’ils ont accès au bien et au mal, l’homme et la femme se découvrent en mal et non en bien. Ils découvrent la peur, le mensonge, l’accusation et en font instantanément usage. Ils perdent la quiétude et le repos de la présence de Dieu. Et pour qu’ils ne deviennent pas pires encore, Dieu les prive finalement (ce qui n’était pas le cas au départ) de l’accès à l’arbre de vie, afin qu’ils ne deviennent pas « immortels » en dehors de la présence de Dieu. Et cela, si on y prête attention, est un véritable acte d’amour de Dieu qui ne veut pas que l’être humain, qu’il a créé à son image et selon sa ressemblance, se perde éternellement loin de lui. Le plan salvateur était déjà mis en place, à savoir l’accès à la vie éternelle par la foi en Jésus-Christ seul. Preuve une fois de plus que même en Christ, nous ne sommes pas devenus des dieux ou des êtres supérieurs. Notre mérite, nous ne le devons qu’à Lui.

3-Avec le discernement, vient toujours une forme de rébellion

Lorsque Gutenberg a inventé l’imprimerie, il ne se doutait certainement pas de l’impact considérable que cela allait avoir sur l’équilibre des forces au pouvoir durant le moyen-âge.

À cette époque, l’Église, plus précisément la papauté, avait une énorme influence sur les monarchies, faisant et défaisant des règnes, soutenant les monarques qui lui plaisaient et désavouant ceux qui ne lui plaisaient pas. À cette époque également, les petites gens n’avaient pas accès à l’instruction. La plupart d’entre elles ne savaient ni lire ni écrire, se contentant d’écouter, de croire et d’obéir à ce qui leur était énoncé.

Ainsi, l’arrivée de l’imprimerie va donner un sérieux coup de pieds dans la fourmilière ! Ceux qui n’avaient pas accès aux saintes écritures vont désormais pouvoir les lire, et ceux qui ne savaient pas lire vont avec enthousiasme apprendre à le faire. Cet enthousiasme va ensuite progressivement se tourner en révolte lorsque, prenant conscience des supercheries mises en place par le clergé, quelques prêtres (dont le célèbre Martin Luther et ses thèses) et beaucoup de croyants décidèrent de s’affranchir, dans des combats parfois sanglants, de la tutelle de la papauté. Le protestantisme est né. 

Oui, le protestantisme est le résultat et une bonne illustration de ce qu’il y a à la fois de bon et de dangereux dans le fait d’ouvrir les yeux à ce qui est bien et mal. Et ceci me fait penser que la raison pour laquelle Dieu ne voulait pas donner accès à cette connaissance à l’homme est qu’il savait que l’humain serait incapable d’en gérer tous les aspects. Car, comme c’était le cas de l’Église avant le protestantisme, une poignée de personnes possédait le savoir et en usait malheureusement pour manipuler les masses et les garder sous contrôle. L’accès à la connaissance par la vulgarisation des textes bibliques a donc à la fois permis la libération des mensonges doctrinaux, et entraîné la répression et la séparation d’une partie des croyants.

Adam et Ève ont « ouvert les yeux » et ça les a séparés de Dieu. Je ne dis pas cela pour défendre et encourager l’aveuglement spirituel. La parole nous encourage d’ailleurs à faire preuve de discernement et à l’exercer en toutes circonstances. Mais je ne peux quand même pas m’empêcher de constater qu’une fois de plus le Seigneur a fait preuve d’une infinie bonté envers nous en transformant ce qui était au départ une offense envers lui, en une arme (le don de discernement) pour nous aider à vivre dans ce monde en résistant aux assauts quotidiens du malin.

Conclusion,

je pense que la connaissance du bien et du mal n’a pas été voulue par Dieu pour les humains à cause du fardeau que cela représente et du tourment dans lequel cette connaissance peut nous placer.

Ce qui est aussi intéressant de noter est le fait que bien que les humains ont eu les « yeux ouverts » à la connaissance du bien et du mal par la désobéissance à Dieu, il a tout de même fallu que Dieu, par Moïse, donne la loi aux hommes afin que ceux-ci prennent connaissance de ce qui est bien et de ce qui est mal aux yeux de Dieu. Comme quoi, le savoir peut emprisonner. Mais la connaissance la vérité reste libératrice.

Au regard de tous ces éléments et de ce que la limite de mon intelligence me permet de saisir, je crois que le discernement, à savoir la capacité de reconnaître et faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal, n’est véritablement devenu un don qu’en Christ. Car oui, on enseigne aux hommes, par la loi pénale et la loi morale, à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal, mais selon des critères moraux et socio-culturels évolutifs. Ainsi ce qui est mal aujourd’hui peut devenir bien demain. En cela, seul le don de discernement offert en Christ permet de connaître ce qui est bien et ce qui est mal aux yeux de Dieu, quelque soit la société et l’époque dans laquelle nous vivons.

Voici ce que j’avais à partager aujourd’hui. J’attends de lire ce que vous inspire la question du discernement dans la vie le l’homme en général et du chrétien en particulier. À votre avis, est-il un instrument de vie, de mort, ou les deux à la fois ?

Affectueusement,

Isa.

2 commentaires sur “Discerner le bien du mal est-il un instrument de vie ou de mort ?

  1. Bonjour,
    Pour moi le discernement est un instrument de vie ou de mort selon nos choix. « ..j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives toi et ta postérité. » Deutéronome 30.19
    « Garde ton coeur plus que tout ce que l’on garde car de lui sont les issues de la vie. » Proverbes 4.23
    Dieu nous laisse libre de nos choix, choisisons la vie ! « Jésus dit:Je suis le chemin la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Jean 14.6
    Choisissons Jésus la vraie vie !!

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