Je me suis trompée sur vous, Madame Proverbes 31.

Pendant longtemps, j’ai haï la femme du Proverbes 31. Cette femme appelée « vertueuse » dans certaines versions de la Bible.

J’ai haï l’image de médiocrité et d’imperfection à laquelle elle me renvoyait. Et j’ai fini par me dire qu’elle était l’image de l’idéal féminin inatteignable par excellence, dont certains hommes et certaines femmes chrétiennes aiment se servir pour abuser des autres en appuyant là où ça fait mal, le manque d’estime soi.

Et puis j’ai lâché l’affaire. J’ai laissé tomber et j’ai tout simplement tourné le dos à cette femme, à ce Proverbes. Je l’ai volontairement mise à l’écart de ma vie. Et je pense que j’ai même presque réussi à l’oublier.

Jusqu’à un de ces matins où, ayant perdu le sommeil, commençant d’une main à parcourir sa Bible à la recherche d’une lecture apaisante, et tenant une tasse de café dans l’autre, je me retrouve devant le chapitre 31 du livre des Proverbes et là je lis « Portrait d’une femme courageuse ».

Tiens ! Une femme courageuse ? D’habitude j’entends plutôt « femme vertueuse ».

Par curiosité je me mets à lire le texte. Je me demande comment la version que je lis, la version Parole de vie, présente cette wonder woman, objet de tous les fantasmes chrétiens pour les uns, et de profondes frustrations pour les autres. Je lis, j’avance et contrairement à ce à quoi j’étais habituée jusque là, je fais la connaissance d’une femme comme plusieurs que je croise dans ma vie, une femme qui fait chaque jour de son mieux avec l’aide de Dieu.

Elle n’a rien à voir avec l’image surréaliste que beaucoup d’enseignements lui donnent. Elle est beaucoup plus proche de la plupart des femmes, mères et épouses qui vivent parmi nous. C’est vrai que le texte décrit cette femme en prenant l’unique cas de celle qui est mariée, qui vit dans un foyer avec mari et servantes.

Cependant en le lisant, j’ai cette fois ressenti que chaque femme pouvait s’identifier à elle, chacune selon sa situation de vie. Car qu’elle soit épouse ou pas, mère au foyer ou pas, chaque femme travaille chaque jour au bien-être de ceux qui vivent sous le même toit qu’elle, ou qui même éloignés, comptent sur elle.

Est-ce tous les jours faciles ? Non. Je crois que même la femme de Proverbes 31 ressent par moment du découragement. Dans le cas contraire, elle ne serait pas humaine. Et notre Dieu est-il le Dieu des humains ou des robots ? Sont-ce des statuts qui crient à lui ou des cœurs vivants et des membres en mouvement ?
Alors oui, comme chacune de nous, c’est avec l’aide de Dieu, en comptant sur son secours et en s’appuyant sur sa force, que Madame Proverbes 31 fait au mieux chaque jour, pour elle-même et pour ceux qui lui sont chers.

Je vous avais mal jugée Madame, et je vous ai longtemps regardée d’un très mauvais œil malgré toute la piété que je m’efforçais de revêtir. Vous ne m’aviez fait aucun mal, je me suis simplement faite baladée par des caricatures diffamatoires à votre égard. Je vous présente mes excuses.

Et maintenant, si vous le voulez bien, je souhaite apprendre à mieux vous connaître, et pourquoi pas devenir une de vos amies.

Isa.

Et toi qui lit ceci, as-tu déjà ressenti de l’amertume envers un ou plusieurs personnages bibliques ? Je suis disposée à en parler avec toi. N’hésite pas à me contacter ICI.

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